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LAPSE : Interview de Gilles Guerraz (court-métrage / financé)

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LAPSE est un projet de film noir du réalisateur Gilles Guerraz. Réunissant des figures emblématiques du genre : tueur à gages, témoin gênant, garde du corps, politicien véreux, LAPSE a été lancé sur Ulule. En deux mois, le projet a récolté 8.125€ sur les 5.000€ demandés, soit 162% de la somme demandée !

Revenons donc avec Gilles sur l'origine de son projet, la façon dont il en a fait la promotion... et les raisons d'un tel succès.


Gilles, comment vous est venue l'idée de ce projet ?

Je réalise des court-métrages depuis quelques années. Pour la plupart, il s'agit de court-métrages réalisés en 48 heures, dans le cadre de la compétition "48 hour Film Project". Pour une fois, j'avais envie de prendre mon temps, pour réaliser quelque chose d'un peu plus abouti.


Pourquoi avoir choisi le crowdfunding comme moyen de financement ?

J'ai découvert ce mode de financement en suivant la campagne de crowdfunding d'un groupe de musique américain, Brad Standley and the Foxflies, pour qui je devais réaliser un clip vidéo pendant leur tournée parisienne. Ils ont financé leur Tour sur un site américain (Indiegogo), ça m'a donné des idées.

J'aurais pu tenter de trouver des financements par des voies plus traditionnelles (CNC, Régions, etc...), mais ce processus prend parfois beaucoup de temps. Je ne voulais (ni ne pouvais) pas attendre le 2e semestre 2012 pour tourner mon film.


Quels moyens avez-vous utilisé pour communiquer autour de votre projet ?

J'ai choisi 3 axes de communications

1 - les news sur la page Ulule du projet

2 - un blog consacré au film

3 - une page du film sur Facebook

Je n'ai que très peu utilisé Twitter, qui me semble moins "introduit" en France qu'il ne l'est aux Etats Unis. Facebook reste l'outil incontournable pour communiquer efficacement.


Vous êtes-vous reposé sur les contreparties pour votre campagne, ou avez-vous plutôt compté sur la générosité de vos proches ?

Les 2 mon général !

Je crois que lorsqu'on lance une campagne de crowdfunding, il est nécessaire de solliciter différentes sphères : les proches (famille, amis), le réseau de proximité, le réseau étendu et les parfaits inconnus (à travers les médias par exemple).


Avez-vous eu des échanges avec vos soutiens ?

Oui, j'ai reçu pas mal de messages via la messagerie d'Ulule, et j'ai été ravi de pouvoir répondre à tout le monde. J'ai aussi échangé via Facebook, dans les commentaires des publications.


Pensez-vous utiliser le crowdfunding comme moyen de financement pour votre prochain film ?

Pour être très honnête, je souhaite que ce court métrage me permette d'accéder à des modes de financement plus conventionnels pour mes prochains projets. C'est tellement agréable de travailler dans des conditions de production "normales", avec des moyens adaptés aux ambitions du projet et où les différents intervenants sont correctement rémunérés pour leur travail. Dans une optique de production de films, j'envisage le crowdfunding comme une alternative à la filière traditionnelle, lorsqu'on ne peut pas ou que l'on ne souhaite pas y a voir accès.


Quels conseils donneriez-vous à d'autres réalisateurs qui voudraient se financer en crowdfunding ?

Je vois pas mal de projets où le porteur du projet donne l'impression d'avoir terminé le travail dès lors qu'il a mis sa page en ligne sur un site de crowdfunding. Je crois qu'il est important de garder à l'esprit que le crowdfunding est une campagne. C'est un marathon qui nécessite des efforts dans la durée. Il faut donner régulièrement des informations, essayer d'intéresser les gens, montrer que le projet est plein de vie, dynamique. Dans le même ordre d'idées, je crois qu'il est important que les nouvelles du projet soient plus fréquentes que les demandes explicites de contribution.

Il est également intéressant de cibler la date de mise en ligne du projet. Mettre son projet en ligne 48 heures après un projet très similaire peut s'avérer contre-productif, en donnant aux public une sensation de malheureuse coïncidence dans le meilleur des cas, de plagiat dans le pire des cas.

Il faut se montrer pragmatique, et augmenter la fréquence de sollicitations en fin de mois, période de paye.

Et enfin, ne pas hésiter à compulser les ressources sur le crowdfunding, qui pullulent sur le net.


Comment avez-vous imaginé vos contreparties ?

Je me suis inspiré de plusieurs pages assez réussies que j'avais repérées sur des sites américains. Et je me suis demandé ce qui me ferait plaisir, si je devais soutenir un projet de film.


Quels conseils donneriez-vous aux autres porteurs de projets pour la création des contreparties ?

Surfez sur des sites de crowdfunding, repérez les bonnes idées et recyclez-les. Attention toutefois au copier-coller, qui est parfois un peu trop voyant...

Et faites preuve d'inventivité. Je pense à ce porteur de projet américain qui, parmi les nombreuses contreparties dispensées sur sa page, proposait une conversation téléphonique de 10 minutes avec ses contributeurs. Une manière originale et chaleureuse de développer le lien créé par sa campagne.



Quel aspect de votre campagne a joué le plus grand rôle dans le succès de votre projet, d'après vous ?

Suivant le vieil adage qui dit "qu'on a pas deux fois l'occasion de faire une première bonne impression", je pense avoir fait le maximum dont j'étais capable pour la présentation de mon projet. J'ai rédigé mon texte avec soin, en essayant de donner envie aux gens. Je me suis filmé dans mon salon, en train de présenter le projet. J'ai fait un montage rapide de quelques-unes de mes précédentes réalisations. J'ai sollicité un ami graphiste pour la création de visuels (Columboy, si tu nous lis), j'ai organisé des séquences photos (avec une photographe talentueuse, Morgane Launay) pour fournir de la matière au graphiste tout en créant de l'actualité autour du projet.

J'ai envoyé des emails à mon carnet d'adresse, j'ai envoyé des emails via facebook, j'ai mis régulièrement à jour le blog du film, ...

Il n'y a pas de recette miracle je pense, si ce n'est d'être très présent sur la promotion du projet, et le faire de manière "intelligente", en essayant d'intéresser les gens au projet plutôt que de leur demander uniquement de l'argent.


Vous avez eu des retombées média, comment les avez-vous suscitées ? Que vous ont-elles apportées ?

Certains médias m'ont proposé spontanément de parler du projet, j'en ai été ravi. J'en ai sollicité d'autres qui ne m'ont jamais répondu. J'ai aussi eu la chance qu'un de mes amies Chargée de relations presse me rédige un communiqué de presse relayé auprès de nombreux journalistes. Il est très difficile de quantifier l'impact des retombées médiatiques. Lorsque quelqu'un que je ne connais pas soutient mon projet, je ne sais pas s'il/elle a découvert le projet via Facebook, en surfant sur Ulule ou par un autre moyen.

Il faudrait que je leur pose la question ;-)

Merci Gilles !

Propos recueillis par Lionel

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