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Créer votre BD grâce au crowdfunding : êtes-vous prêt à relever le défi ?

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(Cet article fait partie d'une série d'articles sur la BD et le crowdfunding, dont le sommaire se trouve ici)

Dans un marché en plein bouleversement où sont publiées plus de BD que jamais, mais où les auteurs sont de plus en plus précaires, les nouveaux canaux de publication, comme le financement participatif, apparaissent comme des alternatives séduisantes. Cependant, ces nouvelles formes de publications impliquent également des problématiques qui leur sont propres. Plus de liberté rime avec plus de responsabilités !

 

L’auteur, un homme orchestre

C’est sans doute le plus grand enjeu d’un porteur de projet lors d’une collecte de financement participatif : l’auteur devient bien plus qu’un simple créateur pour se transformer en homme à tout faire. Traditionnellement sous la charge de la maison d’édition, l’auteur, quand il passe par l’auto-édition, devra prendre sous sa responsabilité de nombreuses tâches complexes et diverses dont il ne connaît pas toujours les ressorts. De l’écriture de son livre à sa communication, à l’emballage et à l’envoi de colis, l’auteur prend en charge toutes les étapes de la création de son livre. Or, chaque auteur n’est pas prêt, n’est pas capable ou n’a simplement pas envie de gérer cette chaîne de travail.

Dav, qui a fait financer son livre de croquis sur Ulule en 2015, a ainsi découvert l’implication qu’exige une collecte de fonds : création des contreparties, gestion des envois,  allers-retours à La Poste et chez l’imprimeur, etc. « C’est un autre travail et tout le monde ne veut pas le faire. De mon côté, ça s’est plutôt bien passé parce que j’adore avoir les mains dans la machine éditoriale et tout contrôler mais c’est vrai que c’est beaucoup de travail auquel il faut être préparé ».

L’illustrateur a préparé sa collecte durant un an afin de se laisser le temps de questionner des auteurs de BD qui étaient passés par le financement participatif, de faire des devis chez l’imprimeur, de calculer les frais postaux, etc. Il lui aura fallu un an à la suite de cette collecte pour réaliser l’intégralité des dédicaces et des envois. Finalement, l’auteur résume avec humour : c’est le financement du livre qui a été le plus court.

  • 10 mois de préparation (scans, devis, maquette...)
  • 23 Minutes pour que le livre soit financé.
  • 782 contributeurs Ulule.
  • 131 retardataires.
  • 850 kilos de livres dans mon garage.
  • 879 exemplaires dédicacés (pour le moment)
  • 145 heures de dédicaces (reste 6h30 environ)
  • 2670 stickers collés sur les livres.
  • 17 heures passées à la Poste (dont 8h30 devant l'automate)
  • 1700 timbres et code-barres de suivi autocollés.
  • 34 livres restants à envoyer (25 éditions collector et 9 éditions à 35€)  

(Illustration de Dav...plutôt parlante !)

 

Aby, jeune blogueuse qui a lancé T’es-tu correc’, sa première BD sur Ulule, témoigne de cette réalité, qui lui aura en même temps permis d’être au plus proche de ses lecteurs.

« J’ai vraiment aimé travailler sur ce projet, de A à Z, de sa naissance dans un coin de ma tête à son apogée avec ses 780 contributeurs jusqu’à sa distribution, que ça soit en écrivant les adresses sur les enveloppes dans un bureau improvisé de ma cave ou en traversant la France pour vous remercier en personne ».


En passant par le crowdfunding, un auteur devra donc se préparer à gérer l’avant et l’après collecte. Il devra également être son propre communicant.

 

L’auteur, un communicant 2.0

Un auteur qui passe par une maison d’édition profite de la visibilité de celle-ci et de tous les dispositifs marketing que l’éditeur va mettre en oeuvre. Un auteur qui passe par le crowdfunding va devoir assurer le travail communicationnel autour de son projet.

Nous en sommes témoins chez Ulule : un projet qui fonctionne est un projet qui a réussi (et ce avant même le lancement d’une collecte) à mobiliser une communauté fidèle et attentive autour de lui. Souillon, à travers son personnage Maliki, (85 031 likes sur Facebook) et Laurel (22 342 likes sur Facebook), les deux records BD sur Ulule, sont de bons exemples de la force d’une communauté en ligne engagée. Ces deux illustrateurs présents depuis une dizaine d’années sur internet via leur blog respectif ou les réseaux sociaux ont su créer un réseau de lecteurs fidèles qui les a suivi dès le lancement de leur collecte sur Ulule. L’enthousiasme est immédiat et l’impact sur la collecte impressionnante : 8527 préventes pour Maliki, 7962 contributeurs pour Laurel en moins d’un mois pour chaque collecte.

 

Néanmoins, le crowdfunding, au-delà de ces exemples aux chiffres impressionnants, c’est aussi (et surtout) de plus petites collectes, de belles histoires, plus discrètes et moins médiatisées. L’auteur devra alors essayer de mobiliser ce que nous appelons les trois cercles : les proches, les proches par ricochet et puis si possible le grand public. C’est à l’auteur d’aller chercher un public de plus en plus large grâce à un effet amplificateur. À cela s’ajoute la communauté d’Ulule que nous essayons au maximum de mobiliser à travers nos mises en avant (newsletter, réseaux sociaux, blog, projet du jour) quelle que soit la taille du projet.

Ces mécanismes de communication vont permettre à des projets plus confidentiels d’aller chercher un public et de permettre le financement du projet. Présence en ligne, rencontres durant la collecte, contact avec les médias, etc. :  l’auteur devra donc être impliqué et totalement mobilisé pour communiquer sur sa collecte.

 

Le financement de son projet : un tabou ?

Il n’est jamais facile pour un porteur de projet de communiquer sur son besoin de financement. Certains ont peur d’avoir l’impression de “quémander”, d’autres craignent le regard du public. Souillon le raconte bien dans son strip sur le milieu de la BD :

« Le seul souci avec ce type de financement, c’est que les auteurs, honteux et pudiques dès qu’il s’agit de parler d’argent, omettent souvent de se rémunérer dans l’histoire ». En effet, certains vont comptabiliser le coût de création de la BD, sans inclure le temps passé dessus, perdant ainsi l’occasion de se rémunérer.

L’équipe Ulule le signale systématiquement aux porteurs de projet : lorsque vous déterminez l’objectif financier de votre collecte, veillez à bien prendre en compte le temps de création des contenus, les dépenses de création de contreparties, d’envois, la commission d’Ulule (8%), etc. afin de ne pas perdre d’argent.

Selon Souillon, cette omission parfois volontaire, est dû à un état d’esprit généralisé qui voudrait qu’un “vrai” travail ne puisse pas être un métier passion :

 

Impossible pour beaucoup d’associer une passion créative à une rentabilité professionnelle. Pourtant, que ce soit sur YouTube, sur Ulule, Etsy ou sur beaucoup d’autres plateformes, des milliers de créateurs indépendants ont fait de leur passion un métier qui leur permet de vivre.

Avec moins d’intermédiaires, le crowdfunding permet au porteur de projet de récupérer plus de marges sur l’album vendu. Dav nous confiait ainsi qu’il avait vendu moins d’exemplaires de son DAV BOOK sur Ulule qu’un de ces albums par voie traditionnelle mais que le crowdfunding lui avait rapporté plus.

 

La création d'une BD : comment financer son temps de travail ? 

La BD a cette spécificité qu’elle exige un temps considérable pour la réalisation d’un album. La pratique d’un second métier est donc très difficile pour un auteur de BD qui a, de plus, besoin de publier régulièrement lorsqu’il s’agit de série. Comment le crowdfunding peut-il répondre à cette spécificité ? En permettant à l’auteur de vivre durant la création de son projet en collectant de l’argent en amont ? Ou en vendant de façon plus avantageuse son album déjà réalisé, lui permettant ainsi d’enclencher de nouveaux projets ? Cela va dépendre du projet et de la volonté du porteur de projet, même si malheureusement il s’avère que régulièrement l’auteur omet volontairement de se rémunérer.

C’est également pour continuer d’offrir le plus de moyens possibles aux créateurs qu’Ulule et Tipee se sont associés, permettant aux porteurs de projet de faire un pont entre les deux plateformes. « J'utilise Tipeee et Ulule pour des usages différents mais très complémentaires. Tandis que ma communauté Tipeee m'assure un revenu mensuel pour créer de la BD en ligne, Ulule me permet de financer le coût de production des albums papier qui en découlent. Le tout forme un circuit court, entre moi et mes lecteurs, plus avantageux que le circuit de l'édition classique, et dont je conserve le contrôle » expliquait Maliki.

Le crowdfunding entraîne donc de nouvelles problématiques mais également de nouvelles opportunités pour les créateurs. Implication, organisation, préparation… Le porteur de projet devra être préparé à gérer des aspects de la publication qui ne lui incombent pas normalement. D’un autre côté, il profitera de la force de frappe d’une plateforme comme Ulule, établira un rapport de proximité très fort avec son public, et bénéficiera de la diminution des intermédiaires. Complètement libre de faire l’objet éditorial qu’il souhaite, l’auteur sera le seul maître de son oeuvre. Alors, quel type de projet d’auteur passe par Ulule ? Première parution, object original, projet personnel… ? Analyse en détail ici.

*(Cet article liste les problématiques que peuvent rencontrer les porteurs de projet, nous détaillerons dans une autre série d'articles à venir comment s'y préparer en détail)

 

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