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LONDRES - Portraits d’expatriés: Yves, Coach Sportif

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Portraits : Français de Londres et de Navarre.

L’expatriation : ne pas partir pour fuir mais pour construire

Telle est le mantra de Yves Manigault, Coach sportif à Covent Garden. Je le retrouve à l’Espresso Room, petite gemme caféinée cachée, non loin de Trafalgar Square. Le patron nous accueille à bras ouverts : Yves est un habitué. Niçois d’origine, et Londonien depuis 5 ans, l’homme derrière Be.Actyves s’est tourné vers l’immersion linguistique pour vaincre l’une de ses bêtes noires du lycée : l’anglais.

© SVS

« L’anglais, comme beaucoup en France, je l’ai étudié mais jamais appris. J’ai donc décidé de frapper à la porte de la meilleure des écoles : L’immersion. » En effet, à peine son master STAPS en poche, Yves annonce à sa famille qu’il part en Australie 6 mois pour apprendre l’anglais. « C’était bien la dernière chose à laquelle ma famille s’attendait ! haha ! La conversation, les gens, le contact avec les autres, autant dire que ce n’était pas mon truc. Mais en même temps, pourquoi serais-je allé dépenser des mille et des cents pour apprendre l’anglais en France avec les mêmes personnes qui ne m'ont rien appris à l’école ? »

Logique. Mais de là à faire son baluchon et partir à l’autre bout du globe ? A ce stade, il s’agit plus d’une simple immersion : c’est une construction personnelle.  Yves m’en dit plus sur son arrivée en terre australienne.

« Quand je suis arrivé à mon auberge de jeunesse à Melbourne, que l’on m’a posé des questions de base « Hey, how are you doing ? How long have you been here ? » et que j’étais incapable d’aligner trois mots, ça a été difficile. Mais tout de suite, le personnel et les gens de mon auberge m’ont dit « bon, t’inquiètes pas, on va s’occuper de toi. » J’ai trouvé des gens qui m’ont soutenu, m’ont donné des contacts et m’ont encouragé.

Je suis parti tout seul à l’autre bout du globe sans parler la langue. Pas d’autre choix que de m’accrocher. Il n’y a pas de filet de sécurité, le succès de ton apprentissage et de ton expatriation vont dépendre de ta disposition à écouter et à l’envie de te construire. J’ai commencé en faisant la plonge et en essuyant les couverts dans un restaurant de Melbourne, jusqu’au jour où la manager m’a mis sur le terrain en tant que serveur. Progressivement j’ai gravi les échelons jusqu’à me retrouver superviseur et même manager. Pour quelqu’un qui ne comprenait qu’un mot sur deux et qui n’était même pas capable de dire « it’s raining today, where is my umbrella », c’est une belle transition ! »

De l’Australie à l’Angleterre, en passant par l’auto-entrepreneuriat

© SVS

De 6 mois prévus à Melbourne, notre coach se retrouve à faire le tour de l’Australie pendant deux ans. Après un bref passage en France, où il lui était impossible de trouver du travail que ce soit dans la restauration ou le sport, Yves est invité par des amis rencontrés en Australie à venir passer leur rendre visite à Londres : « on a une chambre disponible, tu viens quand tu veux ! » Cinq ans plus tard, il est toujours là.  

Avant de pouvoir exercer en tant que coach, Yves se tourne à nouveau vers la restauration le temps d’obtenir une certaine stabilité financière et de passer les certificats nécessaires à la pratique de son métier au Royaume-Uni. Ses amis ayant déménagé, il s’installe temporairement à Brixton où il lance une petite activité de Bootcamp en extérieur. Un déménagement à Dulwich (plus à l’est) le pousse à repenser son activité. Quand tu es coach, tu es ton propre patron, ce qui fait de toi un auto-entrepreneur. Tu offres un service, comme une entreprise lambda. Ce n’est pas forcément de tout repos :

« J’ai un peu le sentiment de travailler plus d’heures qu’en étant employé. En revanche, je suis maître de mon emploi du temps, ce qui me permet d’avoir plus de temps libre, et de mieux l’utiliser. Londres étant une ville où tout va à 200 à l’heure, je trouve cela agréable d’avoir un minimum de contrôle de ce côté là et d’être plus à même d’équilibrer vie pro / vie perso.

Après, je n’ai pas vraiment « décidé » de devenir auto-entrepreneur à proprement parlé. Il se trouve que ce domaine professionnel tourne principalement sous le système d’auto-entrepreneur. Après, tu ne peux pas vraiment y foncer tête baissée. J’ai pesé le pour et le contre : ce qui est sorti de cette réflexion pour moi est qu’il faut être organisé, indépendant et ne pas avoir peur de bosser dur. On fait tous des faux pas, bien entendu, mais c’est comme ça qu’on apprend ! »

Ne pas avoir peur de bosser dur. Tout est question de construction et d’apprentissage. Je repense au parcours qu’il m’a décrit quelques instants avant : peu importe le domaine en question, travail, apprentissage linguistique, expatriation, il faut toujours se donner à 100% et ne pas avoir peur de travailler beaucoup pour arriver à ses fins. C’est une école qui nécessite une rigueur d’esprit élémentaire. Et l’on retrouve cette même rigueur dans l’univers de l'entraînement physique.

Coaching : construction physique et barrières mentales

© SVS

« J’ai envie d’aider : c’est comme ça que je m’implique. Je vois beaucoup d'entraîneurs qui vont faire certains exercices qu’ils ont vus sur Youtube à tous leurs client sans vraiment s’adapter à leurs besoins. Pour moi le coaching est une promesse sérieuse : une de mes clientes est une danseuse de ballet qui s’est détruit les ligaments croisés. Elle est en train de récupérer et on lui a dit « tu pourras faire ça, ça et ça » parce que la plupart des physiothérapeutes sont obligés de jouer la carte de la prudence et de la sécurité. Seulement les interdictions ne sont pas bonnes dans tous les cas : oui tu peux faire un mouvement, à partir du moment où tu le fais correctement. Tu apprends, étape par étape, et tu progresses. Et déjà au bout de deux ou trois séances, elle a pu voir des progrès impressionnants.

La clé est la recherche et l’analyse de la situation : J’ai des clients qui n’ont jamais vraiment fait de sport de leur vie, et qui tombent au bout de deux lunges (ndlr : fentes) car ils ne peuvent pas remonter leur propre corps. C’est là que la personnalisation du work-out (ndlr : entraînement) va être essentielle ! Et c’est souvent plus mental que physique : pourquoi cette personne n’arrive pas à faire un exercice ? Semaine difficile, fatigue, situation personnelle compliquée, médecins qui expliquent qu’elle ne pourra jamais faire ça… Tout cela va avoir une influence sur ses capacités physiques. En tant que coach, qu’est-ce que tu fais quand quelqu’un n’arrive pas à faire un exercice ? Tu lui dis d’abandonner, ou tu l’emmènes au bout de son objectif par un chemin détourné ? »

En tant que personne à qui l'on a dit que je devrais à vie éviter certains mouvement, je ne peux qu’être en accord avec cette philosophie. J’ai eu la chance au fil de mes aventures londoniennes de rencontrer des gens qui m’ont guidé dans mon équilibre physique et sportif, et beaucoup de mes douleurs anciennes ont maintenant disparu. C’est là qu’Yves me rejoint sur la distinction entre « Personal Trainer (entraineur personnel)» et Coach. L’un va t’encourager pendant tes exercices parce qu’il faut que tu transpires, l’autre va analyser ton problème et te préparer physiquement et mentalement pour l’éradiquer.

Conseil d’expatrié

Avant de quitter Yves, je lui demande simplement quels conseils il aurait à donner à quelqu’un qui songe à s’expatrier.

« A celui qui pense à bouger et pour qui l’expatriation semble être l’Eldorado qu’il lui faut, je ne dirais qu’une chose : bouger, oui, mais pour aller vers quelque chose plutôt que de fuir une situation ou un lieu.

Tu vois souvent des gens qui partent pour fuir une situation qu’ils ont à la maison , petit(e) ami(e), famille, argent... c’est quelque chose qui se passe chez eux. Ça ne va pas les rendre heureux. Ça ne va pas les aider : ce qu’il fuit restera toujours là. Il vaut mieux partir avec une idée en tête, un objectif, une envie.

A l’origine, mon objectif était de maîtriser l’anglais. Tous mes choix, toutes mes activités étaient en relation avec cet objectif. Prenez ce que le pays d’accueil a à vous offrir aussi bien sur le plan culturel que professionnel. Restez réceptifs, faites des rencontres et n’ayez pas peur : vous trouverez toujours quelqu’un pour vous aider. »

Vous pouvez retrouver Yves Manigault et Be.Actyves sur internet et les réseaux sociaux (Instagram et Facebook)!

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