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Tartuffe bilingue : l’événement culturel linguistique de Londres

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Le Haymarket Theatre de Londres (à deux pas de Trafalgar Square et du West End) propose, en exclusivité mondiale, de venir assister à une production bilingue du classique de Molière : Tartuffe.

La distribution fait rêver : Sébastian Roché (The new Pope, Supernatural, The Man in the High Castle) en Orgon, Audrey Fleurot (Engrenages, Kaamelott) dans le rôle d’Elmire, George Blagden (Vikings, Versailles) en Damis, Vincent Winterhalter (Nicolas Le Floch, Fais pas çi, Fais pas ça) en Cléante, Paul Anderson (Peaky Blinders) en Tartuffe, le tout mis en scène par Gerald Garutti et adapté par Christopher Hampton (Oscar du meilleur scénario pour Les Liaisons Dangereuses). De quoi plaire aux deux publics susceptibles d’assister aux représentations.

Ce qui semblait être l’événement linguistique franco-anglais théâtral de l’année, encourage une réflexion sur l’art de la traduction et de l’adaptation.

L’histoire

Tartuffe est une comédie de Molière en cinq actes parue en 1669. Une première version en trois actes fût tout d’abord créée en 1664-65, cependant elle fût interdite par le roi. Molière retourne à sa plume pour finalement présenter, quelques années plus tard, la version que nous connaissons.

Pourquoi l’interdit ? Probablement à cause de sa critique virulente du pouvoir de la religion et des abus qui en découlent. Un thème toujours d’actualité.

Un petit résumé ? Pas de problème !

Une famille aisée voit sa pérennité et ses avantages menacés lorsqu’un étranger, hypocrite et faux dévot séduit l’esprit de Mme Pernelle et de son fils Orgon. Ce dernier ne jure que par Tartuffe : il le laisse vivre sous son toit, chante ses louanges et le couvre de présents. Son fils Damis, sa femme Elmire, son beau-frère Cléante et sa servante Dorine ne voient pas cela d’un bon œil. Lorsque Orgon décide de donner sa fille en mariage à Tartuffe, sa famille ne sait plus comment le tirer de sa ferveur empoisonnée. Tout se complique quand Tartuffe confesse à Elmire qu’il l’aime. Orgon n’en croit pas un mot et chasse son propre fils devant son comportement anti-Tartuffe. Elmire n’a pas d’autre choix que de feindre d’être séduite par Tartuffe tandis qu’Orgon observe en cachette pour essayer de lui ouvrir les yeux. Malgré tout, Tartuffe a maintenant trop de pouvoir sur l’empire d’Orgon et la famille risque d’être expulsée et plongée dans la misère. Le destin ne l’entend pas de cet oreille : le garde appelé par Tartuffe pour arrêter Orgon, passe les menottes au faux dévot ; ordre du roi oblige.

La production du Haymarket

Loin de la cour royale française, nous voici transportés à Los Angeles où apparemment Orgon aurait un studio. La pièce ouvre avec les membres de la maison très occupés à faire la fête. Le maître de maison est en déplacement. A son retour, il ne s’intéresse vraiment qu’au bien-être de Tartuffe. Sébastian Roché est surprenant dans ce rôle : cet air béat et incrédule en fait un Orgon plus que convaincant. Le Cléante de Vincent Winterhalter et Claude Perron en Dorine ravissent le public anglais et français confondu (des sous-titres autour de la scène permettent de suivre l’intrigue si vous ne parlez pas la langue). Audrey Fleurot enchante, et la scène de la séduction du deuxième acte lui donne l’occasion de montrer sa maîtrise de l’art comique. Enfin, Paul Anderson est un Tartuffe que l’on aime détester.

La faiblesse de cette production semble plus provenir de la répartition anglais-français et du rythme assez déséquilibré. Je m’attendais à ce que nous ayons un véritable 50-50 français anglais, alors qu’il s’agit plutôt d’un 70-30 : 70% français, 30% anglais. Ponctuellement, une phrase anglaise rappelle que nous sommes à Los Angeles. Ce n’est pas assez pour donner corps à une situation. Le décor, bien qu’exceptionnel et unique, ne vient pas étoffer ce nouveau contexte. Ce qui fait que la scène finale et ses références américaines contemporaines semblent venir de nulle part. Elle n’en reste pas moins profondément drôle, et dans le fond fidèle à l’idée d’origine de Molière : une fin avec un retournement de situation inattendu, couronné d’une dose d’humour complètement gratuit.

Risques et avantages d’une production bilingue

Linguiste de cœur, je suis naturellement attirée par tous spectacles utilisant différentes langues pour rendre hommage à un texte, une culture ou un auteur. Seulement, il est parfois difficile de trouver le bon équilibre et c’est là un de mes regrets devant cette production.

Que cela ne décourage aucun d’entre vous : d’une langue à l’autre, les comédiens joueront des émotions qui vous sont familières de façon complètement différentes. Vous n’entendrez pas la même musique ou le même rythme. Vous grandirez culturellement parlant.  En tant que spectateur, vous n’aurez que des avantages.

En tant qu’artisan des arts vivants, aussi. Seulement, en fonction des choix scéniques, de textes et de contextes, votre public risque d’être confus, ou de manquer votre message. Il passera peut-être un bon moment, mais risque de quitter le théâtre sans vous avoir complètement compris.

Conclusion : Mes pensées post-Tartuffe

Comme dans tout, il y a du bon et du moins bon.

-    Le bon : de très bonnes performances. Une utilisation intéressante de l’espace scénique. Un cadre théâtral luxuriant, historique et peu commun. De la comédie gratuite dans la partie adaptée en anglais qui clôt le spectacle et escorte le spectateur lors de sa sortie du théâtre. Sur 5, je dirai qu’il s’agit d’une production 3 étoiles à mes yeux.

-    Le moins bon : Un choix de costume pour Elvire qui jure légèrement avec l’ensemble visuel. Un contexte introduit « en passant ». Un déséquilibre linguistique et rythmique (en tout cas le jour où j’y ai assisté).

Vous pouvez en apprendre plus sur la production et acheter vos billets sur le site officiel de la pièce.

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